PRÉFACE

“Vie silencieuse”, autre nom des natures mortes dont Olivier Borst et

Paul Goirand sont les artisans éclairés. Les deux amis de trente ans

ont décidé de s’intéresser à la “Vie parlante”, aux expressions imagées

de la langue française dont on a oublié les images.

Et de les illustrer avec humour et qualité, à coups de sourires et de pixels.

Complètement timbrés ces deux là, qui ont décidé de sucrer les fraises, de

mettre les pieds dans le plat, en retirant les oursins de leurs poches pour

produire un luxueux panorama des croustillantes métaphores nationales

dépoussiérées et de les faire voir avant de les faire entendre.

Un jockey sur un sommier vous rappelle que l’on doit être très à cheval

sur la literie. Quant à avoir le bras long, la gueule enfarinée et la main

verte, on a des idées nouvelles sur la question.

C’est drôle, impertinent et subtil. Il faut deviner tout en admirant la qualité

des visuels de ces deux larrons qui ont pris l’art photographique par

les cornes pour le conduire dans un espace de délicatesse dessinée.

Ils ont le sens de la ligne claire, l’objectif en pinceau, le contraste à

l’encre de chine. Vous pourrez compter chaque brin de la botte de

foin que l’on sert au déjeuner des crétins, ainsi que les vers qui sortent

du nez d’une jolie femme que l’on a envie de tirer. Un travail d’artiste qui

fait marcher les neurones, qui testera votre goût, votre mémoire, vos

capacités d’association. L’œuvre d’art cognitive est en marche.

Antoine Sénanque 

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